Kawaii Trans
Le confinement m'a permis d’acquérir de nouvelles compétences. Comme faire des tartes aux pommes, améliorer mon niveau d'anglais et de fait, dévorer des webcomics. Cet article sera le premier d'une longue série (je l'espère) dédiée à ce format en vogue dans les pays d'Asie et aux Etats-Unis, et qui commence à s'installer en France.
Charon n'a jamais aimé son apparence que ce soit en photo ou dans le miroir de sa chambre. Sa sœur Chelsie, cosplayeuse à ses heures, vole à sa rescousse lui force la main pour lae grimer en fille. Le résultat est au delà de leurs espérances : Charon est superbe et se trouve magnifique. En fait c'est comme ça qu'iel souhaite être tout le temps. Iel prend le nom de Cheryl et pas à pas, apprend à se maquiller et s'habiller afin que l'illusion devienne sa réalité.
J'en sais très peu sur le vécu et la culture trans. J’ai d’ailleurs bien galère avec les pronoms de Charon et la façon dont a été traité son parcours, merci la langue française ultra-genrée et les fantasmes sur les personnes trans et leurs transition. J’ai donc fait relire cet article par une personne concernée.
Lire ce comic a été une source impressionnante d'enseignements sur la découverte pour un adolescent de sa transidentité. Sous la forme de petits strips, mêlant humour et émotion, on suit chacune de ses découvertes, son impatience lorsqu'iel se rend compte que c'est ce qu'iel a toujours souhaité, et sa compréhension du monde qui l'entoure à travers sa nouvelle identité.
Azul Cresent, l'auteurice appartient à la communauté LGBTQI+ et vit en Birmanie, un état dans lequel ses droits sont encore remis en question. Malgré ce contexte, iel rend ce thème léger et chaleureux, transcrivant parfaitement les sentiments des personnages. Car Charon n'est pas lae seul.e à tâtonner, à commettre des boulettes tout en s'affirmant ; sa famille et ses amis, si tous ne s'en rendent pas compte, seront touchés par sa transition très progressive... même si en filigrane, on perçoit des problèmes potentiels à venir, en particulier dans son groupe d'amis à l'école.
Il est trop tôt pour savoir si l'auteurice continuera de protéger son-sa protagoniste de la transphobie ou s'il y aura des trigger warnings dans l'avenir. Le découpage des chapitres peut paraître un peu anarchique (c'est parfois trop court !) mais il participe à cette progression étape par étape qui permet tant à Charon/Cheryl d'avancer qu'aux lecteurices de comprendre les changements et les interactions ou d'y réfléchir posément plus tard.
Le mieux est donc de profiter du dessin adorable, très manga (le titre ne ment pas), de l'humour, des liens entre les personnages qui ont pour le moment tous très attachants. I want to be a cute anime girl est un comic qui réchauffe le cœur et que je recommande vivement.
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